Le lundi 13 mai 1940

juin 21, 2010

Erwin Rommel,  près de Dinant (sur la Meuse). A sa femme


Très chère Lu – Tout est merveilleux jusqu’à présent. J’ai pris une avance sur mes voisins. Je suis complètement enroué à force de donner des ordres et de crier. J’ai tout juste eu trois heures de sommeil et un repas de temps en temps. A part cela, en pleine forme.

cité par Claude Simon dans le Jardin des Plantes (Pléiade, p.960)

André Gide, Vence

Cette inquiétude consiste, quoi que je fasse, à m’interrompre en me disant soudain que j’aurais d’abord quelque chose de mieux à faire; quelque chose que je n’ai pas encore fait, alors que j’aurais dû le faire. Ainsi je me distrais souvent de la plus attachante des lectures pour, par exemple, me limer les ongles ou changer les lacets de mes souliers. Mon esprit ne parvient jamais, presque jamais à se détendre; il reste sur le qui-vive et branché sans cesse sur tout le monde extérieur. De sorte que, jouant sur le mot, je puis dire qu’il suffit d’un rien pour me distraire, ou que, selon l’acception courante, je ne suis jamais distrait.

Adam Czerniakow, Varsovie


Le matin, +5°C. J’ai reçu une deuxième liste de baptisés. Rentrées d’argent faibles – révolte des chefs de section. L’un des meches m’a déclaré qu’il se convertit seulement pour un certain temps, tout comme on s’assied dans le tramway. Un message de Josef, envahi par les poux. Ot stumy… etc. « Dieu a ainsi fait: Tu souffriras toute la vie. »

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